Plus notre voyage avance, plus nous découvrons les beautés de la Chine profonde, et tout particulièrement le pays Dong qu'il faut vraiment vouloir découvrir puisque, pour atteindre
cette région, on parcourt des routes défoncées et une fois arrivés nous sommes dans des villages sans électricité !
Mais quelle beauté cette minorité a su créer autour d'elle: ce sont les maîtres de l'architecture (je conseillerais à un étudiant en archi d'y aller prendre quelques conseils).. leurs immenses
maisons, (vides à l'intérieur !?) sont montées sans vis ni clous et sont suspendues en l'air par un jeu subtil de poutres, c'est très impressionnant de voir la structure, puis le toit
et enfin les murs se monter aussi rapidement (il faut dire que la main d'oeuvre ne manque pas quand tout le village participe à la construction) Ils n'arrêtent pas d'en construire, surtout
cette année où la matière première ne coûte moins cher après la catastrophe de ce début d'année (les arbres ont été décapités ou déracinés par la neige glacée).
Depuis Congjiang, l'état des routes est tellement déplorable que nous avons mis 6h pour atteindre Zhaoxing (100Km à peu près), le plus beau des villages Dong , avec ses 5 tours tambours
et ses ponts.
C'est un village très attachant où les habitants vivent au rythme de la nature: le fermier vient chercher les vaches des copains pour les emmener au pré, les femmes filent, teignent et lustrent
leurs tissus à tous les coins de rue, bref une vie de village comme nous avons rarement vu, dans un cadre magnifique, que nous contemplons depuis Ping-An (6 km + haut) avant de
redescendre à travers les rizières. Super ...Mais un peu moins tout de même quand il s'agit de se coucher dans le noir et sans douche (ah les vieux routards et leur confort
!!)
Mais ce n est qu 'un avant goût des magnifiques rizières que nous découvrons à Longlie. Quel travail, c'est inimaginable ! dommage que la saison ne soit pas la meilleure pour les voir, mais au
moins nous avions du soleil et notre hôte à déjeuner nous a fait frissonner en nous racontant (en chinois of course) son hiver sous la neige, coupé de toute vie, les chambres mouillées, les
routes coupées etc ... et pourtant ils sont habitués à marcher puisque leur village est à 2 bonnes heures à pied de toute route ou autre village. Quelle vie, surtout pour
Nat car il a fallu les faire ces 4h de marche dans les rizières qui montent, qui descendent, qui ... bref, c'est épuisant, et dire qu'elles vivent comme ça !!! mais quel bon déjeuner
elle nous a servi, pendant que tous les habitants du village allaient enterrer un des leurs ...dans une rizière bien entendu.
Bon, vous n'aurez pas les photos des rizières aujourd hui, car il y a trop de bugs sur la ligne et je viens de me faire effacer 2 heures de travail ! Il faut être patient en Chine.
Je vous passe Pat ...(lui il cause, il cause ...mais au moins il ne s'enquiquine pas avec les photos !!!)
CHAUFFEUR DE BUS EN CHINE, OU PASSAGER ???
Le chauffeur de bus chinois: téléphone, fume et crache par sa fenêtre (les autres, par terre dans le bus), tout ceci en conduisant, bien sûr. Que sont ils capables de faire d'autre au
volant ? je n'ose l'imaginer, car nous n'avons pas encore fait assez de Km pour avoir tout vu!
D'ailleurs en Chine on peut et fumer et téléphoner dans toutes les positions, y compris "à la turque" [vous voyez ce que je veux dire]. Etant donné le degré d'intimité de ces lieux
...communs, j'atteste que non seulement je l'ai entendu mais, bien sûr, vu.!!
Quand on pense qu'en montagne, à 3 sur la moto, et malgré les obstacles [à l'aller une ligne électrique en cours de travaux du fait de la tempête de neige, qui s'est tout de même emboitée dans
le garde-boue avant , et au retour sauvés par le caniveau dans lequel nous avons atterris pour éviter un énorme truck qui prenait toute la route [mais je ne fais pas mieux en
rencontrant une chèvre vietnamienne!] le chauffeur décrochait son téléphone, j'aime mieux vous dire que dans ces cas là c'est Nat qui conduit !!
Il y a quelques temps dans un bus, le chauffeur piquait réellement du nez sur son volant et Nat, toute voisine, lui secouait régulièrement l'épaule sous le sourire (jaune!) de certains passagers
témoins, jusqu'au moment où il s'est mis à grignoter des graines de tournesol sous l'oeil attentif de la "conductrice adjointe". D'autres fois c'est l'inverse et ma "Gardienne" préfèrerait
les endormir, ou prendre le volant à leur place: soit qu'ils descendent les montagnes en roue libre, soit qu'ils les montent à fond la caisse à gauche et sans aucun klaxon dans les virages.
Malgré tout ce n'est pas si mal pour des gens qui n'ont jamais passé de permis et, dans la plupart des cas, le danger vient surtout d'en face.
Pat et Nat, avant de soffrir 24 heures de train pour Shanghaï !!!